taty lauwers

cuisinez selon votre nature  

en quête d'un devenir-soi nutritionnel

Entrer en action lors d’une réforme alimentaire : la bienveillance envers soi est le véritable moteur

9.6.26 Quelques petites réflexions de profane curieuse à l'intention des praticiens et de leurs patients/clients: changer le contenu de l'assiette ne suffit pas toujours.

;

;

un prochain livre, ;

à paraître chez Aladdin, par Bibi

 


Combien de mères juives faut-il pour changer une ampoule?
Aucune, parce "oh, c'est rien, laisse-moi, amuse-toi plutôt, je resterai dans le noir"

Cette propension à s'oublier, à rester dans l'obscurité de la maladie par culpabilité ou habitude, peut être le premier frein à tout désir de réforme. Inconsciemment, ce qui est malaisé à accepter.

Il se pourrait que la santé dépende d'un changement radical de regard sur soi-même ?

Un coach en nutrition doit envisager tous les paramètres du patient/client, pas seulement les résultats de ses tests sanguins. Le schéma psy et mental entre en ligne de compte.

A l'intention des praticiens du domaine, je continue à explorer ce qui, à mon expérience, peut inhiber le mangeur dans la réforme alimentaire. On a tous connu ces récalcitrants qui sont prêts à assister aux stages de week-end (quel temps! quelle énergie!), ou à payer des consultations (le budget!) pour en sortir sans RIEN changer au quotidien.

"Le mois prochain, je m'y mets".

"Oui, mais non, mais tu vois c'est compliqué avec les enfants et mon mari".

"J'aime pas cuisiner"...

Mille et une remarques pour lesquelles j'ai mille et une solution pragmatiques.

Parmi ces schizophrènes de l'action (que je fus, compatissons!), il n'est pas rare d'en rencontrer qui paraissent être dans la haine de soi. La plupart sont simplement dans le déni de soi poussé à l'extrême.

Le déni de soi: j'ai glosé sur le sujet pages 39 à 41 de "En finir avec le burnout": les "helpers", les "achievers", etc.. La haine de soi: ah! je connais mieux, ben oui, c'est moi qui ai inventé le concept à l'adolescence... J'en suis sortie, merci.

Les conseillers de techniques brutales dont j'ai touché un mot dans les premières pages du dossier « Naturologie douce » (s » faire du mal en croyant se faire du bien) jouent sur le rapport très chrétien que nous entretenons avec le corps.

On n'est pas loin de la mortification par la cilice des moines chartreux. On est très loin de l'hédonisme que prône un Onfray et qui est la trame de tous mes bouquins.

Si je reprends une définition de l'hédonisme selon Nicolas de Chamfort, moraliste (Maximes et Pensées, Caractères et Anecdotes, 1795): "Jouis et fais jouir, sans faire de mal ni à toi ni à personne, voilà, je crois, toute la morale".

Jouir d'une soirée de picole avec les copains pour ensuite passer trois jours au lit: merci bien! Pas très hédoniste. Si l'on ne m'offre pas de vin biodynamique (les seuls qui ne m'agressent pas), je ne me sens pas austère de ne pas boire. Je respecte ma sérénité intérieure. Je suis aussi drôle à jeûn qu'ivre. Quel intérêt aurais-je à m'infliger cette mortification de ne plus pouvoir ouvrir les yeux trois jours durant, si ce n'est la haine de soi ou l'incapacité de dire non au groupe?

Je me cite, sous la forme d’un extrait de conférence en 1999 à Anvers. J’avais 44 ans et je venais de découvrir la nutrition alternative à 38 ans, à la faveur d’un cancer grave. Depuis lors, je ne fais que décliner le même message dans tous mes textes, message que j'essaie de faire passer entre les lignes. J'ai tant pesté contre les curés, je ne voudrais pas écrire comme un cureton.

"Les sages nous recommandent de "rentrer en nous-mêmes" pour mieux nous connaître. Je me limiterai à la connaissance de son corps, n'étant pas philosophe.

C'est grâce à la série d'épreuves que je viens de vivre que je me suis rendu compte que l'ignorance de son corps peut provoquer de multiples petits dégâts ... et des troubles majeurs... et qu'une juste attention portée aux besoins et aux demandes physiques peut à l'inverse vous rendre une qualité de vie que l'on n'imaginait plus possible.

Cela revient à se prendre en main au lieu d'attendre une main divine, prendre en charge son capital santé - que l'on peut imaginer appeler plutôt "patrimoine-santé" puisque vous êtes l'oeuvre de plusieurs générations et que votre lignée dépend de votre santé, finalement, non ?

Je me rappelle avoir entendu, lors d'une conférence, un maître tibétain, Sogyal Rinpoché, admonester le public un peu trop fervent en lui rappellant que, si la religion bouddhiste recommande la compassion, nous occidentaux devrions commencer par pratiquer la compassion envers nous-mêmes.

C'est comme si nous avions oublié la deuxième partie du message du Christ : "Aime ton prochain ... comme toi-même". Où est passé le toi-même ? Ce même Sogyal nous souffla (tendrement, comme savent le faire ces maîtres quand ils vous percent le coeur) : "En Occident, il est frappant d'observer que les gens semblent ne pas habiter chez eux "...

En illustration de mes dires, je vous citerais une étude française sur le cancer. J'ai été atteinte d'un cancer (par provocation, j'aimerais pouvoir dire: "Je me suis fabriqué un cancer"), qui n'est qu'une des maladies dégénératives de ce siècle complexe. Tout ce qui suit pourrait aussi bien s'appliquer aux autres maladies dégénératives, comme la sclérose en plaques, le psoriasis ou le lupus érythémateux... si pas l'arthrose simplement.

Depuis la découverte de ma maladie (d'abord diagnostiquée comme une maladie de Crohn, une autre affection dégénérative), j'ai potassé tout ce que je pouvais sur le sujet de ces maladies.

Il existe une étude universitaire française sur les "rescapés" du cancer (ce n'est pas mon cas, puisque j'ai été opérée et guérie ; un "rescapé" est un cas de cancer diagnostiqué comme incurable par des médecins patentés, avéré par des analyses fiables et qui, pourtant, survit aux pires prévisions, parfois avec disparition - aussi avérée - de la tumeur).

Une thèse de doctorat a été présentée en médecine à la Sorbonne vers 1994 : onze cas avaient été triés sur le volet pour leur fiabilité. Le rédacteur cherchait à établir le dénominateur commun à ces cas de survie exceptionnelle. Quelle que soit la méthode choisie pour se guérir (Kousmine, macrobiote, etc), quel que soit le patrimoine génétique de base du sujet ou son historique affectif et social, le rédacteur n'a trouvé aucun dénominateur commun ... sauf ... une grande bienveillance vis à vis de soi-même chez les onze cas.

Bienveillance, dans ce cas, serait non pas synonyme d'égoïsme mais bien respect de ce corps qui nous a été donné comme compagnon, et un dialogue sain de TOUTES les parties de l'homme.

Je n'ai pas de formation médicale. Je ne suis ni nutritionniste, ni diététicienne. Je ne connais de la santé que les notions accessibles à toute personne qui a élevé et soigné des enfants. Je me suis simplement passionnée depuis bientôt cinq ans pour la cuisine et la nutrition... depuis 1994, date de mon opération et de ma "renaissance".

J'ai une vision de la santé et de l'impact de l'alimentation assez particulière puisque j'ai effectué un virage à 180°. D'indifférente à la cuisine, volontiers boulimique de n'importe quoi pourvu que "ça cale", je suis devenue maniaque du produit de qualité. De malade et angoissée chronique, je suis devenue légère et douée d'une énergie dont même toute jeune je ne me serais pas imaginée capable... A plus de quarante ans, pourtant, l'âge où on est supposé commencer à faiblir."

A septante ans, je confirme ce discours, qui n'était que mental en 1999. Les grandes lignes de mon travail y sont déjà tracées. J'en ai creusé le sillon en permanence, depuis. Je pense être arrivée à une cohérence entre ce discours et mes actes. Enfin!

J'espère que ce petit os à ronger aidera à ouvrir le débat sur la nutrition vue comme un contexte global et non comme de l'algèbre.

En illu, un petit diaporama (14 Mb) parce que ça m'amuse encore. Par un agent LLM sur la base de mon texte.

 


Retour au blog