taty lauwers

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Farineux et de féculents - régimes excessifs: USA vs Europe

15.12.22. Revu 12.6.2026. En complément du discours sur le sucre, les fruits et les fibres dans un régime ciblé selon la personne, parlons "des sucres" chimiques au pluriel que sont les farineux et féculents. Il faut ici préciser les grandes disparités métaboliques entre mangeurs sur ce plan et des différences entre Europe et Amérique et ne pas projeter les conseils américains sur notre contexte. Je fais le jeu de projeter sur les grilles de mon livre "Nourritures vraies".


Ce billet est partagé entre le blog "Nourritures vraies" et le blog "Cinglés de sucres", et celui de son topo expert "Itinéraire de décrochage des sucres"

Que peut-on suivre comme principes quand a terminé une cure de décrochage des sucres et que l'on vise un mode alimentaire durable et sociable?

En complément du discours sur le sucre, les fruits et les fibres dans un régime ciblé selon la personne, parlons "des sucres" chimiques au pluriel que sont les farineux et féculents. Il faut ici préciser les grandes disparités métaboliques entre mangeurs sur ce plan. Et des différences entre Europe et Amérique.

Un billet court, de bon sens, à propos des farineux qui seraient "toxiques" chez certains partisans de la mouvance low-carb.

NB technique. Les farineux sont tous les aliments dont on fait de la farine: blé/froment, épeautre, sarrasin, avoine, etc. On ne pourrait pas les regrouper sous le libellé "céréales", puisque certaines graines comme le quinoa et le sarrasin n'en sont pas. Les féculents sont des végétaux riches en fécule comme les bananes, les légumes secs (pois chiches & Cie), l'arrow-root, la chataigne, le tapioca et les pommes de terre.

Une nouvelle mode veut que tous les glucides soient des ennemis (carbs are villains en anglais), farineux en tête: mangeons sans aucun farineux et tout ira mieux. Cette mode vient des Etats-Unis, dont les habitants nous précèdent de 10 ans dans la dégénérescence.

Ce qui est valide chez eux est peut-être un peu radical chez nous, qui avons en outre gardé de sages réflexes en matière de farineux/féculents: aliments vrais, cuisinés chez nous ou produits par des artisans sérieux.

Rappelons que la ration alimentaire américaine moyenne est composée à 80% d'aliments industriels, surmanufacturés , enrichis en diverses vitamines et ... additifs malvenus (voir le travail du dr Chris van Tulleken). La ration de mon neveu aussi, mais cela n'en fait pas un cas général. En Europe, nous ne sommes pas encore aussi déglingués que nos cousins par une malbouffe de plusieurs dizaines d'années, par du bétail hormoné à plus soif, par des survaccinations des populations déjà jeunes (70 doses avant 6 ans!) et même adultes, par des pesticides relargués par avion sur des villes entières, par des CEM pulsés (différents des Européens), par des pertrubateurs endocriniens largement plus toxiques, par des eaux de distribution artificiellement fluorées, etc. La liste n'en finit pas - le pire étant le glyphosate dont il sera question dans un dossier à venir, de ma plume... J'en passe! Selon certaines sources, plus de trois-quart des Américains vivent dès la trentaine l'un ou l'autre trouble métabolique. Nous sommes loins de ces dérives.

Pour se convaincre qu'on ne peut pas projeter le contexte américain sur nos habitudes, il suffit aussi de lire tant et tant de low-carbistes américains qui, lors d'un séjour en France, découvrent qu'ils digèrent et métabolisent très bien la baguette artisanale. C'est plus qu'une anecdote, même de fervents adeptes comme le dr Eades, antifarineux depuis plus de trente ans, partage cet avis.

Au surplus, ces injonctions antifarineux ne valent que pour les personnes à la glycémie fragilisée ainsi que pour quelques profils qui, par leur nature profonde, n'y sont pas adaptés. Les mangeurs de groupe sanguin 0 et de type métabolique chasseur sont souvent intolérants aux sucres et aux amidons, déjà jeunes, et cela d'autant plus qu'ils sont de profil terrien (kapha en ayurveda). C'est aussi quasi systématiquement le cas chez les canaris de la modernité de naissance et les épuisés chroniques. Ils ne sont pas seuls à devoir surveiller la glycémie sanguine: les diabétiques et les prédiabétiques sont d'autres clients . J'intègre toutes les personnes fragiles sur ce plan sous le terme "dysglycémiques".

Ce sont eux qui devraient suivre les principes low-carb-high-fat LCHF qui sont en faveur en nutrition actuelle, càd suivre une diète réduite en sucres. Qu'on ne confond pas avec la méthode Atkins, désormais connue sous le terme "cétogène", qui est un programme thérapeutique dur (épilepsie, cancer - on peut accepter des effets de bord indésirables s'il faut lutter contre de graves maladies). Quant au LCHF: je propose une version adoucie sous l'intitulé "décrochez-des-sucres". Elle permet d'évaluer les effets sur une personne en dix à quinze jours. Si l'effet est positif, on peut partir sur une assiette ressourçante omnivore en rythme de croisière. Low-carb-low-fat: aucun intérêt pour la physiologie, je n'ai pas de cure similaire à proposer.

Projection sur l'assiette ressourçante, dans Nourritures vraies

Dans l'Assiette ressourçante de l'omnivore, je prévois ces cas de figure de fragilité glycémique, car les sucreries y sont très contrôlées et les farineux y sont consommés en doses minimes. Extrait de la grille de l'omnivore: le midi, "4 cuill.s. maximum de farineux en alternant de jour en jour : pain blanc ou semi-complet mais bio, couscous, riz semi-complet, quinoa, pommes de terre, pâtes blanches, sarrasin. Alternez les sources afin de ne pas consommer de gluten tous les jours. Les sources de gluten sont limitées à 5 portions par semaine." Ce sont des doses proches de celles que l'on conseille en Décrochez des sucres. Les profils omnivore que sont souvent les groupes sanguins 0 semblent ne pas bien métaboliser les fibres dures des farineux autres que blancs. Ils les choisiront bien sûr bio.

L'assiette du semi-végé prévoit de consommer à chaque repas 4 à 8 cuill. s. de farineux s’ils sont denses et complets ou semicomplets. Le végé quant à lui est llllibre! Doses illimitées de farineux s’ils sont denses, c’est-à-dire complets ou semicomplets. Ces deux dernières grilles n'envisagent pas les farineux blancs, même bio.

Dans les trois grilles, les desserts sont limités à cinq portions par semaine, petit déjeuner sucré compris. On est dans une cure, n'est-ce pas? On n'est pas dans un mode alimentaire durable et sociable, sauf pour quelques cas extrêmes qui se tiennent debout grâce à l'Assiette Ressourçante. En mode alimentaire standard, on est attentif à ne pas surdoser les sucreries, mais on ne cadre pas si durement.

Dans les trois grilles, on pratique les rotations alimentaires que j'ai déjà mentionnées. Cela permet de ne pas s'enfermer dans des modes qui nous paraîtront ridicules dans dix ans, comme le "sans gluten" pour des personnes qui ne sont pas franchement coeliaques. Ce sont plus les à-côtés des aliments fréquents comme le pain et les viennoiseries qui sont délétères, au même titre que la surconsommation (trois fois par jour, si pas plus...).

Ce qui précède ne concerne que les farineux et les sucres. Il est connu qu'une assiette riche en nutriments divers (vitamines et minéraux, les micronutriments) ainsi qu'une saine hygiène de vie sont aussi protecteurs - au même titre que l'éviction des sodas, des sucres cachés dans les produits industriels et des jus de fruits en bouteilles. Je n'orientais le projecteur que sur la ritournelle "les farineux sont toxiques". Le débat est plus vaste, cela s'entend.

  • Une base valide pour tous: consommez le moins possible de farineux raffinés, comme le pain blanc, biscottes, etc. surtout de source tout-venant. Choisissez-les au moins sous leur forme bio, dépourvue de polluants (résidus de production, etc.)
  • Régalez-vous de sources semi complètes ou complètes selon votre ressenti et l'état de vos tripes (pas de "complet" pour les intestins en dentelles).
  • Si vous êtes de profil franchement chasseur et groupe sanguin O (et/ou victime de dysglycémie ou de colopathie franche), visez la quantité zéro-farineux lors de vos cures de drainages. Faites de temps en temps une courte cure de "Décrochage des sucres" (low-carb-high-fat) ou "Retour au calme" (ma version personnalisée de la paléonutrition). Trois à cinq jours à la fois suffisent, dès lors qu'il s'agit d'une cure d'entretien.
  • Hors cures, alternez bien sûr les sources, ne consommez pas tous les jours les mêmes aliments (pensons pain et pâtes...). Ne mangez des sources de gluten que tous les deux ou trois jours, par exemple. Variez avec riz, pommes de terre, quinoa, sarrasin, etc.